Histoire des pandémies chez les plantes

Histoire des pandémies chez les plantes
Par Jacques Lafrenière
 

En ces temps de pandémies, faire un parallèle entre les pandémies des plantes avec celle de la Covid-19 actuelle des humains pourrait à la fois nous éclairer et nous rassurer. Comme toujours, c’est à étudier l’histoire qu’il est possible de prédire un peu l’avenir. Chaque pandémie a eu une éclosion, une dissémination  et surtout, une fin après des délais plus ou moins longs.

Les humains lorsqu’ils s’en donnent la peine et précisent des objectifs peuvent réaliser et obtenir des résultats spectaculaires en matière de remèdes pour soigner des maladies considérées longtemps comme incurables.

Des chercheurs ont réalisé dans les années 1980, des percées spectaculaires par la culture in vitro. Appelée micro-propagation c’est une technique visant à régénérer une plante entière à partir de cellules ou de tissus végétaux cultivés en éprouvette sur une gelée nutritive en présence de lumière. Elle pouvait servir à la décontamination des pires  virus qui affectaient plusieurs espèces de plantes. Il y a toujours en cours des recherches, par exemple avec des manipulations génétiques de l’ADN. On peut maintenant guérir les pires maladies héréditaires. Louis Pasteur le chercheur nous avait montré la stérilisation et plusieurs moyens de prévenir les maladies

Agents pathogènes

Les agents pathogènes sont de deux types: 

1- Les parasites non seulement vivent aux dépends de l’hôte, mais en plus, ils peuvent souvent s’avérer toxiques et l’empoisonner.

2- Les saprophytes vivent au dépend d’un tissus ou bois mort, mais attention certains champignons comme le nectria peuvent d’abord coloniser des branches mortes d’un arbre par exemple et se transformer après en parasite et causer sa mort. C’est pourquoi il est toujours approprié de couper le bois mort.

Attention, la plante épiphyte se sert d’une autre comme d’un support et n’a peu d’effets négatifs si non qu’elle cache une partie de la lumière. Exemple: l’orchidée.

Chez les plantes, les agents pathogènes comme le virus, se  manifestent souvent par une décoloration. Par exemple, la mosaïque qui apparaît sur les feuilles du framboisier. Les maladies ont aussi des vecteurs qui contribuent à leur dissémination. Chez les plantes se sont souvent des insectes. Mais l’homme et ses moyens de transport modernes et rapides contribuent à devenir vecteur.

Les bactéries peuvent aussi être en cause comme la brûlure bactérienne se retrouvent chez les plantes. M. Pierre Duval, un de nos meilleurs spécialistes en protection des cultures, la qualifiait de vénérienne chez les humains. Selon des études,  cette maladie bactérienne était transportée par les abeilles au moment de la floraison et de la fécondation.

Cette maladie a touché gravement les populations de sorbiers ( Sorbus ). En effet, ce  magnifique petit arbre  très rustique à fruits orange, comestibles  de la même famille  que le pommier a été le premier touché. Le pommetier ornemental et autres variétés de cette famille ont suivi, mais en quantité moins importante.

Les symptômes apparaissaient alors qu’une partie de l’arbre montrait une branche où l’écorce du bois se noircissait et ses feuilles se desséchaient subitement, alors que le reste de l’arbre restait vert. 

 Maladie cryptogamique ou champignons microscopiques

Chez la plante, les maladies cryptogamiques causent beaucoup de maladies. Par exemple, la fonte des semis ,  assez fréquente à cette période du début de la croissance. Elle apparaît sous différentes  formes comme des  taches    de poudre blanche, brune ou noire croissantes. Souvent l’entière terrine devient perte totale. Comme prévention, il faut  stériliser le terreau et les contenants et même se laver les mains avant de faire des semis..

La maladie hollandaises de l’orme

La maladie hollandaise de l’orme a eu son éclosion en Europe. Transportée  dans le port de New York, sous forme de billes de bois, elle s’est disséminée rapidement jusqu’à Montréal dans les années 1950. C’est devenu une vraie pandémie.

Des chercheurs ont tenté de  luter contre l’insecte vecteur de cette maladie, le scolyte de l’orme.  On a utilisé des doses massives de DDT avec des résultats mitigés et on a  surtout causé la disparition des oiseaux.

C’est alors que les premiers groupes écologiques se sont manifestés contre son utilisation, avec à leur tête, une auteure très convaincante, Madame Rachel Carlson qui venait de publier: “Le printemps silencieux”. Une longue lutte s’est terminée par l’abolition totale de cet insecticide.

Plusieurs de nos retraités de la Division des Arbres de l’époque 1950-70,  comme Maurice Beauchamp, Francesco Tortorici,  Benjamino Ballati, Paul Lanoix et d’autres contremaîtres comme Marc A Laurin et inspecteurs se sont affairés à suivre régulièrement l’évolution de cette pandémie sur une carte de  l’île de Montréal, avec l’utilisation d’épingles de couleur à têtes rondes. Durant cette période, la population des ormes d’Amérique a grandement diminué au point de frôler l’extermination. Aujourd’hui, on peut dire qu’il y a encore des ormes à Montréal.

Autre maladie cryptogamique

Une autre maladie à champignons comme le mildiou de la pomme de terre a causé des famines entre autres, en Irlande, causant une importante migration  irlandaise en Amérique du Nord au 19e siècle (1815-1870) et au 20e siècle  et se manifeste encore aujourd’hui.

Les maladies des vignobles

La culture viticole en France si importante  a aussi été menacée par une maladie cryptogamique.   C’était en 1886 et le mildiou avait déjà un remède, un fongicide: on venait de faire la découverte de la bouillie bordelaise.

La rouille du blé

Une autre maladie assez importante a été la rouille du blé. Elle a aussi son histoire. Une des plus grandes pépinières du Canada avait isolé ce qu’elle croyait  être une nouvelle variété de épine-vinette jusqu’au jour où une équipe de chercheurs canadiens réalisaient qu’il s’agissait d’une plante identifiée comme l’ “hôte intermédiaire”. Le gouvernement canadien aussitôt informé promulguait une loi pour prohiber et détruire sur le champ, ces arbustes terriblement nuisibles pour notre culture du blé surtout dans l’Ouest.

Vaccins

Pour s’en sortir, nos chercheurs doivent travailler ensemble à trouver  un remède qui pourrait être un vaccin. Pour cela, il faut du temps. Il faut aussi ne pas lâcher et continuer la recherche scientifique. 

Effets bénéfiques

Les pandémies ont aussi leurs effets bénéfiques comme des expériences de télétravail grâce à toute la panoplie des dernières inventions de communication. L’internet  avec de  nouveaux logiciels. Le travail à domicile et la diminution des émissions de gaz à effets de serre ont permis à la planète de respirer un peu mieux, du moins pour quelque temps.

 

N.B.- Le texte est maintenant en “balado”..

“Histoire des pandémies chez les plantes” au CHOQ.ca

est maintenant disponible dans la banque CHOQ.ca, une réalisation des Diplômés solidaires de l’UQÀM à l’intention de nos étudiants.

Qu’est-ce qu’un “BALADO” ?

Vous avez sûrement déjà entendu  parler de « podcast », de balado ou encore de baladodiffusion. En fait, ces termes veulent tous dire la même chose, « podcast » étant le mot anglais.

Un balado est une série d’épisodes préenregistrés contrairement à la radio, dont la diffusion est en direct.

Le balado   “Histoire des pandémies chez les plantes” se trouve ici: 

https://www.choq.ca/episodes/diplomes-solidaires/emission-du-18-juin-2020/

Voici l’hyperlien vers notre publication Facebook, que je vous invite à partager : 

https://www.facebook.com/uqamdiplomes/posts/3066417366758494

Voici notre publication LinkedIn: 

https://www.linkedin.com/posts/diplomes-uqam_diplaekmaezssolidaires-uqam-horticulture-activity-6679474799741345792-CW_y

L’auteur souligne l’apport important des travaux de Pierre Duval, botaniste, dans la préparation du contenu du balado. Retraité du Jardin botanique de Montréal en 1983, Pierre Duval était spécialiste en phytopathologie. Il était de tous les colloques et était considéré comme l’une des références dans le domaine.

Normand Cornellier a également participé à la rédaction.

Jacques Lafrenière

Secrétaire du volet historique,  CIEJBM




Tout bonheur en ce monde vient de l’ouverture aux autres ;toute souffrance vient de l’enfermement en soi-même. Bouddha

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*