Aux membres du Club Iris (Retraités du Jardin botanique) , aux employés, aux administrateurs du Jardin botanique de Montréal et aux amis de l’horticulture,
je vous présente ici, de nouveaux textes avec photos de végétaux qui m’ont impressionné depuis notre arrivée sur la Côte d’Azur en cet hiver 2023-2024. Ce compte rendu s’intitule:
“Coups de cœur botaniques et horticoles sur la Côte d’Azur”
(janvier à avril 2024)”
Golfe Juan (Alpes-Maritimes)
Golfe Juan, le troisième jour d’avril 2024
Présent en hiver sur la Côte d’Azur, je me suis beaucoup consacré à l’étude de la flore locale. C’est un environnement très riche car il marie la végétation méditerranéenne et tempérée, les plantes indigènes comme exotiques.
Déjà, je vous ai parlé de l’olivier millénaire de Roquebrune-Cap-Martin et de l’importance du mimosa partout sur la Côte d’Azur. Aujourd’hui, j’aimerais vous entretenir sur mes coups de cœur botaniques et horticoles; j’ai choisi quelques plantes qui ont retenu mon attention et qui au fil des jours ont marqué mes randonnées.
Je ne suis ni un botaniste ni un spécialiste de la flore locale et plusieurs livres dont je me suis inspiré, sont consacrés à ce sujet. Mon but est de personnaliser certaines plantes (arbres, arbustes, plantes annuelles ou vivaces) qui m’auront impressionné et par la suite suscité ma curiosité par leur taille, leur floraison, leur port ou leur parfum.
Pierre Bourque
Golfe Juan
Ce 3 avril 2024.
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SOMMAIRE
1-Le Pin parasol ou pin pignon (Pinus pinea)
2-Le Palmier des Canaries ou le faux dattier (Phoenix canariensis)
3-L’Oxalis des Bermudes ou Oxalis pied de chèvres (Oxalis pes-caprae)
4-La Marguerite des Savanes (Euryops pectinatus)
5-La Coronille glauque (Coronilla glauca ou Coronilla Valentina var.glauca)
6-L’Aloe arborescent ou la Corne de bélier (Aloe arborescens)
7-La Vipérine de Madère (Echium candicans syn.fastuosum ou Echium fastuosum)
8–Le Genêt blanc (Genista monosperma ou Retama monosperma)
9-La Glycine de Chine (Wisteria chinensis)
10-Les plantes d’Afrique du Sud en Méditerranée
12-Les Ficoides ou Doigts de Sorcière (Mesembryamthemum acinaciformis ou Carpobrotus acinaciformis)
13-Un rosier grimpant avec plus de 1 000 roses….
En promenant la souris sur les photos, certaines s’agrandiront !
1-Le Pin parasol ou pin pignon (Pinus pinea)
C’est de loin mon arbre favori car il possède presque toutes les qualités. Il préfère vivre seul, isolé, pour qu’on puisse bien l’admirer et contempler sa large couronne composée de fortes branches remplies d’aiguilles denses et longues d’un vert-foncé regroupées par groupe de deux. Son tronc massif à l’écorce craquelée d’un brun rougeâtre avec des nuances grises, bien ancré au sol, porte fièrement quelques grosses branches charpentières qui s’étendent dans toutes les directions, formant une couronne magnifique et moutonneuse. Même si l’arbre atteint 25 à 30 mètres de hauteur, on peut le comparer à un immense bonsaï géant. Il ne s’entrecroise pas avec les autres espèces arborées et à l’instar du Ceiba en Amérique latine ou du Baobab en Afrique, il offre sous sa large couronne un espace dégagé pour permettre des rencontres tout en protégeant les gens contre la pluie, le soleil ou les vents. Son enracinement profond le protège des vents violents et des bourrasques et il jette sur la maison qui l’entoure une ombre bienfaisante. Le Pin parasol est donc un pin protecteur.
Et que dire de ses cônes énormes de dix centimètres, aussi longs que larges, munis d’écailles protégeant les graines, ces fameux pignons largement utilisés en pâtisserie, dans les salades ou les thés à la menthe. Le bois, léger et souple, est largement utilisé en menuiserie et pour les charpentes.
On dit que le Pin parasol est un pin « timide » car les individus s’ils sont sociaux ne se mélangent pas. Ainsi chaque pin profite de l’ombre de son voisin tout en gardant ses distances. De plus, en nature, le Pin parasol n’écrase pas les plantes du sous-bois comme les oxalis, les cyclamens ou les freesias.
Georges Brassens lui a rendu un bel hommage dans sa supplique pour être enterré à Sète, sa ville natale en souhaitant qu’un pin, de préférence un Pin parasol, soit planté près de sa tombe.
Le célèbre festival de Jazz de Juan-les-Pins se déroule chaque année dans la Pinède de Pins parasols tandis que de nombreux terrains de pétanque accueillent leurs adeptes sous l’ombre protectrice des Pins Parasols.
En sus du Pin parasol, deux autres pins sont largement répandus sur la Côte d’Azur; il s’agit:
a) du Pin maritime (Pinus pinaster) Aiguilles regroupées par deux, longues et avec de gros cônes.
b) du Pin de Halep (Pinus halepensis) Aiguilles regroupées par deux, fines et courtes avec de petits cônes.








2-Le Palmier des Canaries ou le faux dattier (Phoenix canariensis)
Moi qui n’ai jamais été attiré par les palmiers, leur reprochant leur nudité, leur taille disproportionnée et leurs palmes mortes (feuilles) pendantes le long des troncs, je me suis retrouvé subjugué par l’élégance et la beauté du Palmier des Canaries.
Quelle élégance que ce palmier au stipe (tronc) droit avec des écailles foncées, lisses faisant corps avec le tronc et sa cime composée d’une centaine de frondes (feuilles) régulières de cinq mètres de longueur, légèrement arquées et bien distribuées. C’est une véritable sculpture vivante avec des proportions idéales entre le tronc et sa couronne.
Le palmier semble faire sa toilette quotidiennement et il aime se faire admirer isolé dans le jardin, les parcs ou sur les bords de mer. Regardez-moi, semble-t-il nous dire…
Et, que dire de ses fruits jaune-or, en grappes, toujours très visibles dans le bas de la cime lorsqu’on a affaire à un sujet femelle car ce palmier est dioïque avec des sujets mâles et femelles. Sa taille peut atteindre 15 à 20 mètres de hauteur mais il demeure toujours à portée de vue des humains.
Plus prosaïquement, le Palmier des Canaries comme tous les palmiers est une monocotylédone dont la plantule est issue de la germination d’une graine ne présentant qu’une feuille appelée cotylédon. Il en est de même pour le blé, le bananier ou les orchidées.
La tige est appelée un stipe car il n’y a pas de formation de bois malgré son port arborescent. Le stipe est robuste et porte une couronne régulière et très symétrique de frondes arquées d’un vert profond et organisées en couronne sphérique.
Par son port majestueux, le Palmier des Canaries correspond à l’idéal du palmier ancré dans l’imaginaire collectif. Chaque fronde (feuille) peut atteindre cinq mètres de longueur légèrement retombante et est portée par un long pétiole bordé d’épines. La fronde est composée de pinnules étroites (foliole de palmier ou de fougère) en forme de V, coriaces et rigides d’un vert profond et vif.
Malheureusement, toutes les espèces de palmiers sont attaqués depuis les 20 dernières années par le charançon rouge des palmiers, coléoptère maintenant répandu et qui tue leurs hôtes deux à trois ans après une infestation. Les larves du charançon dévorent les jeunes frondes avant de coloniser le cœur du stipe et d’y creuser des galeries. Depuis 2014, il existe une obligation légale de lutte contre ce fléau sur tout le territoire français. L’utilisation d’insecticides, de phéromones, la lutte biologique et la surveillance de chaque foyer contaminé avec des zones tampons atteignant jusqu’à 10 kilomètres ont freiné la dispersion du charançon mais la lutte se poursuit toujours.
Le Palmier des Canaries est dioïque avec des sujets mâles et femelles et ce sont surtout les sujets femelles, garnis de fleurs jaunes et donnant des fruits décoratifs en forme de glands d’un à deux centimètres de couleur jaune-orangé puis brunâtres à maturité qui enjolivent l’arbre tout entier d’où la ressemblance de ce palmier avec le dattier d’Afrique non rustique sur la Côte d’Azur.
Le Palmier des Canaries a été introduit à Nice en 1864 et il s’est depuis répandu dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Il existe environ 60,000 palmiers sur la Côte d’Azur et leur présence est intimement liée à l’environnement des plages et des stations balnéaires.
En plus du Palmier des Canaries, l’on doit signaler la présence du Washingtonia robusta et du Washingtonia filifera, palmiers les plus répandus et à plus grande taille avec leurs frondes en éventail très caractéristiques. Le palmier nain Chamaerops humilis est aussi largement utilisé dans les jardins.





3-L’Oxalis des Bermudes ou Oxalis pied de chèvres (Oxalis pes-caprae)
Sûrement la première fleur qui m’a intrigué en janvier dès notre arrivée sur la Côte d’Azur. Ses fleurs jaune-or colonisaient les bords de route comme les mails centraux. Plante vivace, haute de 15 à 20 centimètres et à développement homogène laissant croire qu’elle avait été plantée par les jardiniers de la ville.
J’ai appris par la suite qu’elle s’appelait Oxalis des Bermudes et qu’elle était originaire de l’Afrique du Sud et avait envahi toute l’Europe méditerranéenne. Mises à part les Mimosas et l’Euryops que nous verrons plus loin, il n’existe que peu de plantes en fleurs sur la Côte d’Azur en janvier. La présence de l’Oxalis des Bermudes est un régal pour les yeux et enjolive l’environnement urbain. Considéré comme une «mauvaise herbe», l’oxalis pourrait facilement être cultivé et égayé les jardins et places publiques durant la saison hivernale.
Les feuilles, semblables à celles du trèfle sont formées de trois folioles en forme de coeur avec des taches brunes. Les fleurs (2 à 2,5cm.) sont groupées en ombelle comprenant de 2 à 8 fleurs au bout d’une tige de 20 à 25cm. de hauteur. Durant la nuit ou en cas d’ombre ou de pluie, les feuilles se replient vers le pétiole et les fleurs jaunes s’enroulent en un fuseau torsadé, n’attendant que le retour du soleil pour retrouver leur éclat. Le fruit est une capsule mais la plante se propage surtout par voie végétative (bulbes et bulbilles).
L’Oxalis est une plante sans gêne, opportuniste et elle s’agrippe aux murets qu’elle enjolive par sa floraison jaune-or. Elle peut aussi coloniser les haies comme chez les spirées et éclabousser par sa floraison éclatante, celle plus terne et blanche de son hôte.
Enfin, mentionnons que les feuilles, les tiges et les fleurs de l’Oxalis sont comestibles en salade et offrent une fraîche saveur acidulée. Notons qu’au Québec, l’on retrouve l’oxalide des bois (Oxalis montana) à fleurs blanches tachetées de rose-violacé.




Les photos de l’oxalide des Bermudes
4-La Marguerite des Savanes (Euryops pectinatus)
Membre de la famille des Astéracées, anciennement des Composées, l’Euryops est une plante vivace, arbustive, très appréciée pour son interminable floraison de marguerites jaune-or, formant un buisson de 1 à 2 mètres de hauteur composé d’un feuillage élégant, profondément découpé d’une teinte vert-de-gris. Sa végétation disparaît sous une multitude de marguerites jaunes.
Originaire de la province du Cap en Afrique du Sud, l’Euryops est une plante à tige unique se ramifiant près de la base. Le feuillage est composé de feuilles souples, longues de 4 à 10cm., finement découpées en dents irrégulières (pectinatus signifie en forme de peigne) d’un vert glauque à reflets argentés.
Les fleurs sont des capitules solitaires de 5 cm. de diamètre portées par de longs pétioles blanchâtres. Elles sont composées d’une rangée de ligules jaune-citron entourant un centre jaune d’or devenant brun. Sa floraison lumineuse dure toute l’année à partir du mois de janvier ce qui contribue à sa grande popularité si l’on prend soin de tailler l’arbuste après chaque floraison. C’est ainsi que l’on retrouve l’Euryops pectinatus dans les grands pots, sur les terrasses ou les balcons et sa croissance est rapide.
Voici une plante magnifique que je ne connaissais pas et qui m’a séduit dès notre première rencontre en janvier. Dans tous les massifs d’arbustes nouvellement plantés par les jardiniers de Cannes, seul, l’Euryops fleurissait en massifs de 1 mètre sur 4 ou 5 mètres, attirant les regards de tous. Par la suite, je l’ai retrouvé un peu partout sur la Côte à Nice comme à Antibes ou encore dans les pépinières comme plantes vedettes.
Pourrait-on introduire cette plante au Québec comme plante annuelle à l’instar du Gazania, aussi originaire de l’Afrique du Sud et qui connaît un succès enviable?



Les photos de la Marguerite des savanes (Euryops pectinatus) en massif à Cannes,dans un bac à fleurs à Cannes et dans un parc à Nice avec P. Bourque assis sur un banc.
5-La Coronille glauque (Coronilla glauca ou Coronilla Valentina (va. glauca)
Arbuste typique autour de la Méditerranée, la Coronille glauque surprend par sa floraison abondante de couleur jaune au cours des mois de mars et avril.
C’est un arbuste dense au port ramifié et au feuillage persistant, vert glauque avec des feuilles composées, pennées avec des folioles ovales de 2 cm.de long à bout arrondi.
La Coronille glauque est membre de la famille des Fabacées et ses fleurs sont réunies en ombelles portées par de longs pédicelles; elles sont de couleur jaune vif comme les boutons d’or et légèrement parfumées. Les fruits sont des gousses vertes étroites de 5 cm. de longueur dont les graines à maturité se resèment facilement.
Cet arbuste est de croissance rapide et ne demande que peu d’entretien; il forme un buisson dense qui structure le jardin. Mais c’est sa floraison abondante en mars-avril qui fait sa renommée. La coronille attire les papillons et les abeilles contribuant ainsi à la biodiversité. De plus, la Coronille glauque peut résister à des températures de -15 degrés Celsius.



Les photos de la coronille glauque(Coronilla glauca)dans parc à Antibes puis 2 photos dans un massif à Vallauris.
6-L’Aloe arborescent ou la Corne de bélier (Aloe arborescens)
L’Aloé arborescent est un arbuste pouvant atteindre 2 à 3 mètres de haut et il est caractérisé par ses feuilles persistantes et épaisses de couleur vert gris aux bordures épineuses. Les feuilles sont étalées et recourbées. Disposées en rosette, les feuilles protègent une impressionnante inflorescence, hampe florale dont la couleur oscille entre l’orange vif et le rouge écarlate. L’Aloé arborescent fleurit de la fin décembre jusqu’en avril. Ainsi, en janvier, surgissent des rosettes, des feuilles de hautes hampes florales ramifiées portant à leurs extrémités des épis de 30 cm., composées de fleurs tubulaires rouges, très visitées par les insectes butineurs.
L’Aloé arborescent provient de l’Afrique austral mais est largement utilisé en France pour ses qualités décoratives exceptionnelles. Il se cultive aussi en pot pour décorer les balcons et les terrasses et ne demande que peu d’entretien.
Comme son cousin Aloe vera moins rustique et à fleurs jaunes, l’Aloe arborescens est aussi reconnu pour vertus thérapeutiques; il a été largement utilisé au Japon pour soigner les brûlures des victimes d’Hiroshima. L’Aloe vera, pour sa part, est mondialement connu et utilisé en cosmétique pour ses vertus cicatrisantes et antioxydantes. Le suc épaissi (la sève) obtenu des feuilles incisées s’utilise pour son effet laxatif tandis que le gel translucide frais sert dans le traitement des plaies.
Cette plante ressemble aux Agaves sauf que les rosettes de feuilles chez l’Aloé fleurissent durant de nombreuses années tandis qu’une rosette d’Agave mature marque la fin de sa vie; d’autre part, les Agaves viennent d’Amérique du Nord alors que les Aloès viennent de la moitié sud de l’Afrique.
En terminant, rappelons que les Aloès aiment le grand soleil, les sols bien drainés, voir arides ou caillouteux.



Les photos de l’Aloe ou Corne de bélier (Aloe arborescent) chemin du midi à Cannes-LaBocca.
7-La Vipérine de Madère (Echium candicans syn.fastuosum ou Echium fastuosum)
Cette Vipérine est devenue une vedette dans les jardins de la Méditerranée; originaire de l’île Madère, sa floraison printanière à estivale sous la forme de longs épis denses, globalement bleus et composés d’une multitude de petites fleurs blanches, bleu saphir à bleu violet mêlées de soies blanches attire l’attention de tous et s’impose de plus en plus.
La Vipérine de Madère est une plante arbustive de la famille des boraginacées. Cette plante forme un gros buisson dense de 1,50m de haut à 2,50m. à 3 m. d’envergure. Les feuilles sont rassemblées en rosettes à l’extrémité des rameaux. Mais, ce sont les fleurs en mars sous forme de magnifiques épis bleus, longs de 20 à 50cm., dressées au-dessus de la masse du feuillage et visibles de loin qui attirent l’attention. Cette plante spectaculaire prend beaucoup de place et l’on doit contenir son développement. Elle est remarquablement mellifère et possède la faculté de mettre cette source de nourriture à la disposition des insectes butineurs.
La Vipérine de Madère vit en plein soleil tout en s’adaptant sur des sols secs et bien drainés. Elle ne vit que quelques années mais se resème facilement.
Au Québec, nous trouvons la Vipérine vulgaire (Echium vulgaris), plante introduite d’Europe et fréquente dans les milieux ouverts et incultes.


Les photos de la Vipérine (Echium fastuosum) à Saint-Laurent -du-Var près de Nice.
8-Le Genêt blanc (Genista monosperma ou Retama monosperma)
Arbuste monoïque (unisexué) pouvant atteindre 4 mètres de haut, le Genêt blanc est pourvu de nombreux rameaux d’un vert argenté à gris argenté. Le feuillage est caduc, vert foncé, formé de minuscules feuilles alternés, linéaires et lancéolées ne demeurant en place que quelques jours.
Les fleurs sont caractéristiques des Fabacées et composées de 5 pétales: 1 étendard dressé, 2 ailes et 2 pétales inférieurs soudés.
La floraison est longue du mois de février à avril de couleur blanche et surtout très parfumée. Une nuée de fleurs minuscules (1 cm.), semblables à des fleurs de pois sont réparties sur de courts racèmes (grappes). Les fleurs blanches recouvrent complètement la plante évoquant une fontaine ou une cascade d’eau tout en offrant un spectacle saisissant. Un parfum capiteux se dégage tout autour de la plante ne laissant personne indifférent. C’est la raison pour laquelle les fleuristes utilise ses rameaux fleuris pour accompagner les bouquets de fleurs coupées comme les roses.
Le fruit est une gousse courte contenant une graine ou deux d’où son nom de monosperme.
Le Genêt blanc affectionne les sols pauvres et peut, grâce à ses nodules (nodosité à Rhizobium), synthétiser les composés azotés. On retrouve aujourd’hui cet arbuste tout autour de la Méditerranée.



Les photos du Genêt blanc (Genista monosperma ou Rétama monosperma) photos prises à Golfe Juan, au jardin des plantes aromatiques de Mouans-Sartoux et au Jardin botanique de Nice.
9-La Glycine de Chine (Wisteria chinensis)
De toutes les plantes du printemps, la plus belle et la plus spectaculaire est de loin la Glycine de Chine. Imaginer une Glycine en fleurs couvrir entièrement un cyprès de 15 mètres de hauteur; ou encore, une Glycine courant sur un muret de pierres sur une distance de 30 mètres tout en exposant ses centaines de hampes florales, recouvrant le muret tout entier; imaginer encore, une Glycine en fleurs accrochée à une tonnelle et accueillant les invités sous une pluie de grappes de fleurs bleues.
Les Glycines de Chine se retrouvent partout en Méditerranée; elles annoncent le printemps, la chaleur, le retour des insectes et des papillons et tournent le dos aux journées froides. Les arbres fruitiers (amandiers, cerisiers, pêchers, pruniers, etc) terminent leurs floraisons; les arbres feuillus, en dormance depuis l’automne (érables, platanes, chênes, frênes, noisetiers) éclatent de partout et c’est la Glycine qui en donne le signal.
La Glycine de Chine (Wisteria chinensis) appartient à la famille des Fabacées et est de loin l’espèce la plus répandu en Méditerranée; ses tiges ligneuses et sarmenteuses peuvent atteindre jusqu’à 30 mètres de longueur. Elle peut vivre jusqu’à 50 ans et développer une grande force d’adhésion à son support.
Les fleurs s’épanouissent sur le bois nu au printemps et les grappes de fleurs papilionacées peuvent atteindre 30 cm. de long; les fleurs sont parfumées et d’un bleu violacé, pendantes et terminales.
Les gousses vertes et veloutés semblables à des cosses de haricot suivent la floraison et renferment les graines à l’automne. À souligner aussi, que cette plante magnifique est à ce jour indemne de maladies ou d’insectes nuisibles.
Pour nous enfin, l’arrivée des Glycines en fleurs vers la fin mars donne le signal de notre départ prochain de la Côte d’Azur et de notre retour vers le Québec après un passage à Paris.



Photos des glycines de Chine (Wisteria chinensis) prises à Golfe Juan devant une propriété privée.
10-Les plantes d’Afrique du Sud en Méditerranée
Doté d’un climat similaire, il est normal que plusieurs plantes de la région du Cap en Afrique du Sud se soient retrouvées en Méditerranée. En effet, la région du Cap recèle sûrement la plus grande diversité floristique au monde et j’ai eu l’occasion et le plaisir en 2017 d’explorer ce paradis terrestre des botanistes en débutant ma visite par le célèbre jardin botanique national de Kirkenboshch, réputé comme l’un des plus beaux au monde et dédié à la flore sud-africaine. Kirkenboshch est situé au sud de Cape Town d’où il offre une vue superbe sur le fameux Table Montain.
À quelques dizaines de kilomètres du jardin botanique, vers la péninsule qui mène au Cap de Bonne Espérance, s’étirent, baignées par les embruns de l’océan Atlantique des vastes collines et prairies hébergeant la flore endémique locale dont les Protéas, la fleur nationale et une multitude d’autres plantes à fleurs dont plusieurs espèces sont aujourd’hui disséminés à travers le monde grâce au talent des horticulteurs hollandais (Boers) du Cap.
J’ai retenu deux groupes de plantes très répandues en Méditerranée et qui sont actuellement en fleurs pour notre plus grand plaisir.
11-La Marguerite du Cap ou le Souci du Cap (Dimorphoteca ecklonis, D.aurantiaca, ou Osteospermum ecklodis, O.fruticosum, O.aurantiaca)
Plantes de la famille des Astéracées donc semblables à nos marguerites. Ce sont des plantes vivaces, au port étalé et à croissance rapide. Les feuilles sont alternes, spatulées d’une longueur de 5 cm. aux bords dentés de couleur vert terne et persistantes. Ce sont des plantes très florifères déployant d’élégants capitules aux multiples coloris s’ouvrant au sommet de longs pédicules dressés.



Les capitules sont composés d’un cœur entouré d’une couronne de ligules linéaires légèrement arquées, soyeuses et éclatantes avec un reflet métallique. Cette plante et ses nombreuses variétés porte des fleurs aux couleurs aussi variées que le jaune, le rose, le violet, le rouge et même des teintes bicolores. On peut la cultiver comme plante annuelle.
12-Les Ficoides ou Doigts de Sorcière (Mesembryamthemum acinaciformis ou Carpobrotus acinaciformis)
Plante vivace de la famille des Aizoacées à croissance rapide caractérisée par des feuilles charnues de section triangulaire, de 8 à 12 cm. de long en forme de sabre courbé et dressé, soudées à leur base. Plante rampante et retombante qui peut couvrir de larges surfaces en terrain aride.
Les fleurs, solitaires d’une dizaine de centimètres s’épanouissent au printemps en plein soleil. De nombreux pétales rouges sont répartis autour d’un cœur formé par des étamines jaunes.
C’est une plante très décorative ne demandant que très peu d’entretien.



Les photos de la Ficoide,prises à Golfe Juan et sur le chemin du midi à Cannes-La-Bocca.
13-Un rosier grimpant avec plus de 1 000 roses….
C’est devant une maison classique du 19ième siècle, située dans le quartier de la Californie à Cannes, que je retrouve comme à chaque année cet immense rosier grimpant aux grandes fleurs roses avec une nuance d’orangé qui couvre sur 6 à 7 mètres de hauteur et 5 à 6 mètres en largeur, deux arbres sur lesquels il est confortablement installé… Quel spectacle que ce rosier, une création de Meilland, l’un des meilleurs rosiéristes au monde. Les fleurs scintillent en plein soleil dans les deux arbres comme des lumières de Noël alors que nous sommes au début du mois d’avril. A vrai dire, je n’ai jamais rencontré un rosier aussi beau et aussi impressionnant.
Ce rosier Meilland m’incite à rendre un hommage particulier à la famille Meilland qui œuvre depuis 1850 en France et dans le monde à la création et à la diffusion de la Reine des fleurs.
Leur histoire débute à Lyon, près du parc de la Tête d’Or, qui abrite jusqu’à ce jour, l’une des plus belles roseraies de France. Leur célébrité mondiale est acquise après la création de la rose Peace après la seconde guerre mondiale. Antoine Meilland son créateur avait dédié cette rose à son épouse mais les Américains l’ont rebaptisé Peace pour marquer la fin de la guerre. Ainsi, la rose Peace sera offerte à chacun des représentants des 56 pays présents à San Francisco pour la création de la Société des Nations. Elle demeure à ce jour, la rose la plus vendue à travers le monde.
Francis, fils d’Antoine se marie avec Marie-Louise Paulino, fille d’un horticulteur établi au cap d’Antibes, puis déménage l’entreprise de Lyon à Antibes où il continue son travail de création sur les rosiers. Ainsi, il crée d’autres variétés de roses dont la célèbre rose Baccara qui s’écoule à plus de 25 millions d’exemplaires. Durant les années 60, Antibes devient le centre de la production de roses en France et ce, autant pour les rosiers de jardin que pour la fleur coupée. On recense à cette époque plus de 500 producteurs de roses en serre.
Malheureusement, une violente tempête en 1971 détruit une grande partie des serres tandis que la vente de fleurs coupées à la Criée de Nice doit fermer, détrônée par la Criée (Veiling) d’Alsmer en Hollande. Ce sera la fin de l’industrie de la floriculture sur la Côte d’Azur et aujourd’hui, il ne demeure que quelques producteurs de roses à Antibes. Le tourisme et la spéculation foncière ont changé la vocation de la Côte d’Azur qui est devenu l’une des destinations touristiques les plus prisées au monde.
Meilland sous la direction d’Alain et plus récemment de son fils Mathias et de ses filles sont maintenant installés dans le Var qui est devenu le nouveau centre vinicole et horticole du midi de la France. Aujourd’hui, Meilland est établi dans le Var pour la production de rosiers, d’arbres fruitiers et d’ornement en association avec l’entreprise Richardier.
Cependant, la recherche sur les rosiers continue sous l’égide de Meilland International et opère dans plusieurs pays dont les États-Unis.
Plus près de chez nous, il faut se rappeler que le Jardin botanique de Montréal renferme l’une des roseraies les plus complètes et les plus belles en Amérique du Nord. Notre roseraie a été reconnue comme telle par l’Association des Sociétés de Roses d’Amérique du Nord. Cet honneur et cette reconnaissance sont le fruit du long travail d’une horticultrice de grand talent, Madame Claire Laberge aujourd’hui retraitée. En effet, c’est grâce à sa passion, son dévouement que notre roseraie s’est hissée à ce niveau international. Notre roseraie a connu au cours des dernières années une période difficile mais son héritage est là et la rose restera encore longtemps La Reine des Fleurs.
À ne pas oublier…




Trop de persévérance conduit au trouble et trop peu de persévérance à la paresse. Bouddha

Merci pour cette agréable promenade bien documentée! Cela m’a fait revenir dans la région où j’ai étudié l’horticulture (Antibes)!
Quel voyage horticole fabuleux sur la Côte d’Azur ! Un plaisir de vous lire.
Merci pour l’hommage à la roseraie du JBM à la fin de votre article, je suis très touchée.