Hommages d’Émile Jacqmain pour les trois nominés : Céline Arseneault, Claire Laberge et David Easterbrook
Août 2025
Bien chers convives, invités d’honneur et hôtes d’exception
En ces moments festifs, alors que vous vous régalez à la « bonne fortune du pot » (Potluck), ma mémoire se plaît à faire quelques « arrêts sur images », pour revisiter des époques qui caractérisent l’œuvre laissée par nos trois précieux hôtes.
Voilà plusieurs décennies, monsieur Jéno Arros, bibliothécaire du Jardin prenait sa retraite.
Dès lors Céline Arseneault, munie d’un bac en botanique et d’une maîtrise en bibliothéconomie, reprend la barre! L’époque est favorable et propice! Rapidement, elle reconvertit les fichiers papier pour en faire un catalogue informatique, via le web, ce qui permet l’accès facile aux ressources mondiales. Ce grand bond en avant permettra de satisfaire les besoins des scientifiques, des professeurs et du personnel, quel que soit leur niveau.
Très intuitive, elle a toujours su faire les bons choix des publications en fonction de l’évolution des disciplines, le tout en totale harmonie avec les objectifs d’orientation et de progrès de l’Institution. Elle s’est aussi attelée à préserver la collection des grands livres rares et anciens, à participer pour la SAJIB à la rédaction de son prestigieux bulletin « Quatre Temps », ainsi qu’à bien d’autres comités. Pour moi, la bibliothèque a toujours été une école de progrès et de formation permanente, pour tous ceux et celles qui désirent en profiter !
Merci Céline pour votre généreuse assistance qui m’a permis comme à vous toutes et tous, ici présents, de participer au développement du Jardin et au perfectionnement de ses actifs.
Aussi, félicitations et reconnaissance à vous pour avoir remporté en mai 2014, en tant que première Canadienne, le prix « Charles Robert Long Award » délivré par le réputé « Concil on Botanical and Horticultural Librairies (CBHL), lors de son congrès annuel tenu en Virginie.
Bravo ! et encore milles mercis à vous et surtout bonne réussite dans la culture de vos magnifiques pivoines.
Aux environs des années 70, la Ville de Montréal vient d’être choisie pour présenter les Jeux olympiques d’été en 1976 !
Voisine du Stade, la collection des Seringats (Philadelphus) fait piètre figure, alors que les athlètes concourront par-là !
La direction du Jardin décide de la déplacer pour implanter une roseraie. Sa planification est confiée à Gaétan Bilodeau, architecte de paysage.
Superbe réalisation ! Très bons choix d’espèces et de cultivars, des botaniques rustiques aux hybrides plus frileux, des contrastes merveilleux, des parfums suaves, une santé physiologique resplendissante, un état sanitaire exceptionnel !
C’est Claire Laberge, horticultrice expérimentée qui a vu à tout cela ! Grâce aux bons soins de ses jardiniers, quelque 7000 rosiers, comprenant 900 espèces et cultivars, flamboient et embaument l’espace pendant que des HOURRAS, en provenance du Stade retentissent frénétiquement. Les visiteurs venus du monde entier sont comblés tout comme le sont les spécialistes, les professionnels et les amateurs passionnés pour ces fleurs !
Experte du genre Rosa, Claire a même produit un livre sur ces reines ! Elle a aussi recherché et développé, avec l’aide de l’industrie des « couvertures » pour les protéger de nos longues « froidures » d’hiver.
La « Dame au collier », superbe statue féminine, qui resplendit toute svelte, dans la floribondité des rosiers « Europeana »; je la verrais bien porter un deuxième collier composé avec la rose « Claire Laberge » en reconnaissance pour son savoir, son professionnalisme, son caractère généreux et volontaire, ses expériences qui instruisent plus sûrement que le conseil !
Bravo Claire, tu es une femme formidable, qui a su faire grandir l’actif et la renommée du Jardin.
1980 fut l’année des Floralies internationales de Montréal. C’est dans le Vélodrome olympique, devenu « Serre temporaire » que se tinrent, en mai 1980, les Floralies intérieures. Le Japon y présentait entre autres, l’Art du Bonsaï, art dans lequel le Jardin botanique possédait déjà une dizaine d’années d’expérience, grâce à feu Jai Hong Yang, horticulteur.
La République Populaire de Chine, représentée par Shangaï, ville jumelée à Montréal, présentait l’Art du Penjing avec 350 pièces, dont plusieurs centenaires. Le Jardin botanique acquit ce fabuleux trésor dont la conservation fut confiée aux bons soins de David Easterbrook, expert montréalais dans l’Art du bonsaï et maître à penser reconnu internationalement par ses pairs. David, membre fondateur de la Société de Bonsaï et de Penjing de Montréal, créée en 1979, est considéré, respecté et réputé par ses membres, comme un gourou qui a promu et promeut encore cet Art qui connaît une forte extension !
David, professeur de niveau 3, forme les intéressés par : des apprentissages, ateliers, cours, conférences et expositions publiques où, les membres présentent leurs créations, lesquelles sont sujettes à concours.
L’Art du bonsaï, postérieur à celui du penjing, m’a toujours interrogé ! Même si à bien comprendre, il symboliserait l’éternité et l’harmonie entre l’Être humain et la Nature.
Ces Arts ont su combler David Easterbrook, d’une grande zénitude, cette tranquillité d’esprit, qui nous débarrasse des agitations du moment.
Ses contributions artistiques ont grandi la beauté et la richesse du Jardin botanique, dont Henry Teuscher disait : « Que la beauté serve d’appât à la science, voilà quelle devrait être la devise de tout Jardin botanique ». – C’est ce que David a fait !
Merci encore, de tout cœur, à vous trois qui avez révolutionné l’Institution en transformant les pratiques en usage; tout comme certains espaces ouverts ou protégés !
Merci à Roselyne Rioux et à Normand Miron.
Bonnes retrouvailles à tous,
Émile Jacqmain

Quoique tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Goethe
