La famille recevait les condoléances le samedi 8 juin de 10h à 13h au salon funéraire Guay, Mont-
Tremblant. Le Club Iris était représenté par deux de ses membres: le président Maurice Beauchamp et Normand Miron, conseiller et webestre.Leur visite fut grandement appréciée par la famille dont ses deux fils Patrick et Van et sa fille Lynda.
Maurice Beauchamp
N.B.:– Palmer Johnson et Maurice Beauchamp ont débuté leurs études et leurs carrières au Jardin botanique de Montréal, la même année et la même journée ! De plus, ils ont pris leur retraite la même année et la même journée !
Témoignages
Remerciements de la famille Johnson
Merci M. Bourque pour votre témoignage. Vous étiez une personne significative pour notre père et il nous parlait de vous avec beaucoup d’émotion et de respect. Merci pour votre support. La famille Johnson.
La famille Johnson

- Palmer Johnson a été mon premier patron au Jardin botanique de Montréal. Il m’ accueillit avec grande gentillesse et m’a toujours encouragée à persévérer malgré l’ adversité. Je lui serai éternellement reconnaissante pour son ouverture d’ esprit pour l’ époque en appuyant l’ arrivée des femmes au Jardin botanique en 1976. J’ ai eu la chance de travailler avec lui, toujours souriant , humain et aimant raconter des anecdotes souvent invraisemblables et toujours amusantes . Monsieur Palmer Johnson, je vous salue et reposez en paix.
Lucille Savoie, jardinière dans les serres du Jardin botanique
08/06/2024
Le directeur du volet historique du Club Iris, Jean-Pierre Bellemare avait fait parvenir une lettre à la famille Johnson que nous publions ci-dessous.
Enfin, un signet était remis aux visiteurs
Et au verso… la prière
Le Club Iris
En souvenir de notre confrère de travail et ami, PALMER JOHNSON, le journal L’Iris reprend un article qui avait été publié le 30 septembre 2017, Vol. VIII, no. 2, p. 10
C’est mon histoire Palmer Johnson (1/5)
Palmer Johnson et le Jardin botanique de Montréal Après ma neuvième année terminée à l’école de mon village natal d’Huberdeau dans les Laurentides, je n’avais pas encore décidé de mon orientation professionnelle. Lors d’une rencontre avec un de mes anciens professeurs dans la rue du village, il m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie, d’autant plus que j’avais toujours eu d’excellents résultats scolaires. Il m’a indiqué qu’il venait de lire un dépliant de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) qui expliquait les détails d’une formation de trois ans offerte par le Jardin botanique de Montréal. La formation était à la fois théorique et pratique et menait à un diplôme en horticulture. Le professeur était d’avis que je serais un excellent candidat pour ce programme et il était prêt à me fournir une lettre de recommandation. J’ai accepté sa proposition. J’ai posé ma candidature. J’ai fini par recevoir une réponse positive. Je devais répondre rapidement car le programme était contingenté à 25 élèves au total pour les trois années, acceptant que 78 élèves par année. J’ai été convoqué à une rencontre au Jardin botanique avec monsieur Stéphane Vincent, agronome et directeur de l’école. C’était mon premier voyage à Montréal. Celui-ci était ravi du fait que je faisais partie de la Jeunesse ouvrière catholique, dont il était membre depuis plusieurs années. J’ai obtenu mon diplôme après les trois années de la formation et on m’a offert un emploi pour une année au département des parcs de la ville de Montréal dont le Jardin botanique faisait partie. Je travaillais avec un arboriculteur. Notre travail consistait à tailler, entretenir et planter des milliers d’arbres dans les rues et les parcs de la ville. Après une année, j’ai été envoyé au département des serres du Jardin botanique. Je travaillais sous l’égide d’un spécialiste en culture des cactus, des plantes rares et d’une collection de violettes africaines. J’ai travaillé avec lui quelques années jusqu’à son départ suite à une promotion. On m’a demandé de le remplacer. Je devenais alors responsable de la grande serre d’exposition et de l’entretien de son contenu sous la surveillance de monsieur Bisaillon qui dirigeait tout ce qui était sous verre (les serres). La charge de travail augmentant tous les ans, j’ai été promu contremaître et chef de section par la suite. Le secteur des serres comprenait l’entretien et la surveillance de plusieurs collections de plantes spécialisées et la gérance d’une équipe importante. Pierre Bourque est devenu directeur après avoir été impliqué dans plusieurs dossiers importants au niveau de la ville de Montréal. J’ai été nommé son assistant peu de temps après son arrivée. Il était très proche du maire Jean Drapeau et sous sa direction, le Jardin botanique de Montréal est devenu un des plus important au monde. Inutile de mentionner le parcours de Pierre Bourque qui a joué un rôle politique important à Montréal. Ayant une formation européenne, il a fréquenté des écoles prestigieuses. Il a été responsable de tout ce qui était vert lors de l’Exposition universelle de 1967. Il continue de faire rayonner le Jardin botanique de Montréal puisqu’il est consultant dans le même domaine à Shanghai en Chine. J’ai pris ma retraite après 34 années de service. J’avais comme objectif personnel de bien préparer la relève. J’ai notamment joué un rôle important au niveau de l’engagement des femmes comme horticultrice tout en étant payées au même salaire que les hommes.
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Pendant toutes ces années comme gestionnaire, j’avais comme objectif également de faire connaître le Jardin botanique de Montréal et d’en faire un objet de fierté pour tous les Montréalais. Je désirais que mes employés agissent selon le même principe. Un des buts premier d’un tel organisme est de faire connaître les plantes sous toutes leurs formes, de démontrer leurs utilités et leur beauté. La visite de temps de beauté doit avoir un impact sur la nature humaine. Promouvoir le respect de la nature est fondamental. J’ai agi également de façon à promouvoir et encourager la recherche scientifique en collaborant à de très nombreux projets avec divers centres de recherche et universités. J’ai mis beaucoup d’emphase à faire connaître aux différents producteurs du monde horticole, les créations de main d’homme permettant d’offrir aux consommateurs de nouveaux produits. C’est un rôle important qui permet aux producteurs de cultiver et de reproduire des plantes extraordinaires. J’ai mis en place un réseau de communication incluant les gros producteurs américains et canadiens afin que nous soyons toujours informés des nouveautés, particulièrement au niveau des plantes hybrides. Par exemple, grâce à mes contacts auprès d’un producteur américain, j’ai réussi à faire découvrir aux gens d’ici le Begonia
elatior rieger qui était une plante très florifère et très résistante à la maladie. Cette variété révolutionnaire a beaucoup été utilisée dans les paniers suspendus. Même chose avec certaines espèces de chrysanthèmes de type japonais qui produisaient des fleurs formidables de 6 à 8 pouces de diamètre. Ces créations étaient étonnantes. D’ailleurs, dans certains cas nous devions payer des droits d’auteurs Begonia elatior rieger Chrysanthème japonais pour pouvoir les reproduire. Ces produits ont été créés en éprouvettes par le principe méristématique apicale (1) ayant comme conséquence de permettre au plant de conserver sur une plus longue période son caractère de qualité. J’ai été invité comme professeur à donner des cours aux élèves de l’école du Jardin botanique dont le programme était d’une durée de trois ans. Ce rôle important me permettait de participer à la formation de futurs employés du Jardin. Souvent je devais également agir en tant que membre de comités de sélection visant à engager de jeunes diplômés en horticulture. La qualité de nos choix avait une importance pendant plusieurs années car il s’agissait de nos futurs employés. J’ai participé, avec le support de Pierre Bourque, à permettre à des femmes de poser leur candidature pour travailler aux serres et en pépinière. Il y avait beaucoup de résistance à ce sujet à l’époque, même au niveau syndical. Le concept de santé et sécurité au travail a beaucoup évolué au cours des années. Le dossier d’application – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – Notes- (1)- Un méristème (du grec μεριστός, meristos, « divisé ») est un tissu cellulaire spécialisé dans la croissance.
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d’insecticides toxiques en serre était particulièrement difficile à régler. Avec l’aide de compagnies américaines spécialisées, nous avons procédé à l’achat de véritables scaphandriers et nous avons mis en place un mode de fonctionnement qui permettait à deux employés à la fois de répandre les insecticides de nuit dans les serres par fumigation ou vaporisation. Ces insecticides étaient des produits nocifs qu’il fallait manipuler avec beaucoup de précaution. Bien avant la mise en place du suivi des produits dangereux tel que nous le connaissons aujourd’hui, j’avais mis en place un mode de fonctionnement en collaboration avec un groupe d’urgentologues de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je leur avais fait .parvenir la liste des produits que nous utilisions ainsi que toute la documentation en notre possession portant sur leur toxicité et sur les soins à apporter au besoin. J’avais obtenu une partie de l’information par la bibliothèque des Nations-Unis à New York. Un jour, une chercheure de l’université McGill avait obtenu un mandat du ministère de l’Agriculture afin de produire un guide de référence traitant de l’utilisation des insecticides. Ce mandat devait également servir à établir des lois sur l’épandage de ces produits tant à l’extérieur qu’en serre. J’ai participé aux travaux en tant que spécialiste en la matière du Jardin botanique de Montréal. Un document officiel a été disposé et des lois ont été votées par la suite. Nous sommes très loin de l’époque du pomiculteur qui étendait ces produits torse nu et avec son chapeau de paille. La toxicité des produits utilisés de nos jours est beaucoup plus grande et peut avoir un impact significatif sur l’état de santé des producteurs et des consommateurs. J’ai participé de façon intensive au développement des mesures sécuritaires dans ce dossier majeur au cours de mes années de pratique. Le Jardin botanique de Montréal a toujours été reconnu au niveau international comme un centre à la fine pointe des connaissances. Un jour, un vieux chercheur américain d’une université de Californie nous a contacté afin qu’on l’aide à trouver une solution à un problème important. L’État de Californie a défendu par une loi l’exportation même d’une pelletée de terre provenant de chez eux. Seules les plantes à racines nues pouvaient quitter l’État, ce qui provoquerait à coup sûr leur mort. L’industrie était en pleine expansion. L’exportation d’arbres, arbustes, fleurs en pots était devenue tellement importante qu’ils avaient évalué qu’il ne resterait bientôt plus de terre arabe en Californie. Nous avons indiqué au chercheur que nous avions déjà solutionné le problème. Avec l’aide d’un collaborateur, M. Vergingel le chef de pratique de l’école du Jardin, nous avons trouvé une recette miracle. Nous avons mélangé de la sphaigne des marais avec quelques produits chimiques neutres pour créer ce qui est appelé aujourd’hui du Pro-Mix. Ce produit permet de planter des plantes en pot avec des résultats étonnants sans utiliser de terre arabe. Quelques mois après, nous avons reçu une lettre de félicitations pour cette grande idée qui a révolutionné ce genre de production. J’ai également transmis cette recette comme un cadeau du Jardin botanique à une assemblée de producteurs à St-Hyacinthe. Un des producteurs a fait breveter le produit sous l’appellation PRO-MIX qui est utilisé partout aujourd’hui. J’ai également eu la chance d’être impliqué dans le développement de la culture de sapin de Noël. Un producteur de la région de Sherbrooke avait planté environ 2,000 arbres pour vendre éventuellement des sapins de Noël. Ces premiers résultats étaient
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décevants. Je lui ai conseillé de modifier sa façon de les entretenir et de les tailler pour spécialiser son produit afin de produire des arbres plus gros et plus décoratifs. Quelques années après, il vendait ces arbres au gros prix au Canada et aux États-Unis. J’ai été beaucoup impliqué dans le développement de l’utilisation du plastique pour les serres. La vitre était utilisée partout mais elle était à la fois fragile et dispendieuse. La création de serres avec dôme en arceau a révolutionné la culture en serre. On a développé une sorte de peinture lavable qui, posée sur le plastique, permettait de créer de l’ombre dans la serre; ce qui aidait beaucoup à contrôler la température. J’ai reçu des visiteurs provenant d’universités de partout à travers le monde. Il était important pour moi de recevoir nos visiteurs de façon à ce qu’ils soient impressionnés par ce que nous faisions. Cette image de qualité était un objectif de base au niveau de mon travail. C’était dans mon ADN. On avait mis en place un programme qui avait beaucoup de succès auprès des autres pays. À Noël et à Pâques, on installait une exposition dans la grande serre qui représentait un coin d’une ville de leur pays en utilisant le nec plus ultra des plantes disponibles. Les ambassadeurs posaient leur candidature longtemps à l’avance afin que leur pays soit choisi. Une réception importante était organisée par le pays hôte lors de l’ouverture de l’exposition. La réputation du Jardin botanique de Montréal ne souffrait aucunement. Les gens se bousculaient pour venir le visiter. J’ai été invité à plusieurs reprises comme professeur et/ou expert-conseil, autant au niveau universitaire que collégial. Une fois retraité, j’ai participé à la mise en place du programme ‘’Villes et villages fleuris`’ qui fonctionne encore aujourd’hui. L’idée d’embellir nos milieux de vie par les plantes est essentiel aujourd’hui. Au quotidien, mes principales fonctions étaient les suivantes : Préparation des horaires, des vacances du personnel ainsi que la confirmation des heures travaillées. Voir à l’achat de tout le matériel requis. Planifier et gérer le budget. Visite quotidienne afin de vérifier l’état de santé des plantes dans toutes nos serres. S’assurer de la bonne identification de tous les plants pour être en mesure de leur apporter les soins particuliers à chacun. Lorsque j’ai commencé ma carrière, les employés sur place étaient des journaliers avec de l’expérience en horticulture qu’ils avaient acquise chez des producteurs agricoles. Ils n’avaient pas nécessairement beaucoup d’instruction et souvent ils identifiaient les plantes selon leurs formes. J’ai entendu des choses comme ‘la plante échevelée à queue de poisson’ pour identifier une fougère. Le ‘porc-épic’ pour identifier un cactus ou encore le ‘noireau’ pour un bégonia socotrana.
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À l’époque, l’embauche de plusieurs grands spécialistes en horticulture a permis au Jardin botanique de se développer au niveau scientifique. J’ai eu la chance de côtoyer des gens comme Henry Teuscher, Adélard Bisaillon et Wilfrid Meloche qui ont grandement participé à cet essor. La création de l’école d’apprentissage horticole, sous la direction de Stéphane Vincent agronome, a été aussi un élément décisif dans la qualité du personnel. Dans mes temps libres, j’ai été président de la section Montréal-est de la Société St-Vincent de Paul. J’ai fait partie pendant une douzaine d’années, à titre de directeur élu du conseil de direction, de la Caisse populaire St-Justin dans Tétreauville. J’ai participé à la création de cette caisse dans un quartier qui était en plein développement dans l’est de la ville. J’en suis toujours membre. Mon numéro de compte est le ( 8). J’ai aussi occupé la fonction de marguiller pendant six ans pour la paroisse naissante de St-Justin. J’ai participé au comité de construction de la toute nouvelle église de la paroisse. Je suis un amateur de chasse et de pêche. J’ai beaucoup pratiqué le ski de fond. Mon travail était exigeant. Participer à des activités de plein air était salutaire et me permettait de recharger mes batteries. Ma femme et moi avons eu deux garçons et une fille qui ont toujours été nos plus grandes réussites, même si mes deux fils ont passé toute leur vie dans un pénitencier…..comme travailleurs… Au moment d’écrire ces lignes je suis âgé de 86 ans.
Palmer Johnson
Un sot a beau demeurer des années en contact avec la science, il ne connaîtra pas plus le goût de la science que la cuiller plongée dans la sauce ne connaît le goût de la sauce. Bouddha








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