6-Jacques Lafrenière Hommage / N. M.

Jacques Lafrenière

Club Iris Espace pour la Vie

Jardin botanique de Montréal

Montréal, 9 décembre 2021

Mesdames/Messieurs

« Mon cher Jacques »,

Jacques a commencé sa formation au Jardin botanique de Montréal dans la première école d’horticulture où une dizaine d’étudiants étaient supervisés par le directeur de l’École M. Stéphen Vincent. Le Photo-Journal[1] de 1949 mentionne qu’il est nommé « directeur de l’école d’apprentissage horticole dont le but est de former des jardiniers pour le Jardin botanique d’abord, puis pour les parcs et jardins municipaux et enfin pour l’horticulture. »

Jacques Lafrenière y fait son entrée lundi le 4 mai 1953.  Il entreprendra sa carrière d’abord comme jardinier et il graduera 3 années plus tard en 1956.

Il eut la chance de pouvoir poursuivre sa formation au Jardin botanique de New York en 1956-57, comme stagiaire-étudiant tout en travaillant à la Pépinière Sam Bridge JR. Notez que notre jeune étudiant se véhiculait en moto presqu’à l’année. Son expérience américaine lui permet de peaufiner ses connaissances en horticulture ainsi que sa seconde langue l’anglais et il deviendra parfaitement bilingue ; avec le temps se rajoutera l’espagnol. De retour à Montréal, une lettre du directeur Rousseau lui assurait un emploi au Jardin botanique.  Malheureusement, il n’avait pas de poste ouvert et on offrit à Jacques un emploi à la division des arbres sous l’autorité de M. Jos. Dumont où se trouvaient déjà Maurice Beauchamp et de nombreux autres confrères :  Marc A Leblanc, Marc A Laurin, Palmer Johnson et Viateur Paquin.

Les serres Baldwin 

Les serres Baldwin étaient logées au  2440 rue Rachel ; construites en bois, elles se dégradaient  fortement. Vers 1960, pour les remplacer, on inaugure les serres Dupire.

À l’été 1960, Jacques devint inspecteur des arbres et chef de groupe avec Maurice Beauchamp, Francesco Tortorici.

Maurice Beauchamp est chef de la section des inspections et responsable des inspecteurs : 400 personnes qui plantaient 500 arbres par jour. (10,000 arbres par année à racines nues). Son assistant, René Paquette, y planifia le piquetage, le creuser des trous et les jardiniers posaient les arbres, les arrosaient et cela pendant des années. C’était l’époque aussi où l’on employait du DDT.

De Baldwin à Dupire

Pendant ce temps, le directeur Yves Desmarais a restructuré l’ensemble du Jardin botanique et c’est dans cette nouvelle mouture que Jacques devient inspecteur temporaire puis, quelque temps plus tard, M. Desmarais l’a nommé : contremaître pour la grandeur de la ville.

En 1966, il devient contremaître à la plantation des arbres au 2100 Dickson puis, au Mont-Royal de 1968-71.  Enfin, il se retrouve à la nouvelle pépinière de Terrebonne en 1971-72.

Chef de la section des services éducatifs (1972-1978) au Jardin botanique

De par sa fonction, Jacques devient professeur des cours aux élèves adultes et aussi  aux élèves des jardinets d’écoliers.

En 1973, c’est le début de ses chroniques radio et télévision.

De plus, J’étais dira-t-il, maître d’œuvre du bureau d’information horticole au Jardin botanique.  J’avais une équipe et on donnait les informations aux citoyens.  Ils nous arrivaient souvent de répondre par lettre partout dans le monde.  De plus, je devais m’occuper des communications avec les médias.  Dans les cours d’horticulture, on comptait plus de 1000 élèves adultes et 1000 élèves des jardinets d’écoliers.

Depuis quelques années, Henry Teuscher avait déjà lancé le « Concours de boîtes à fleurs » : j’en étais le responsable.  À mon époque dit-il, on comptait plus de 10,000 participants. Faut noter aussi que les jeunes des terrains jeux seront appelés à juger les parterres des participants.  Munis de macarons, ils feront le tour des parterres et décideront des gagnants. Suite à l’engouement d’un tel projet, j’accompagne MM. Desmarais et Champagne lors d’une conférence que je présentais à Parcs Canada sur le concours de boîtes à fleurs et la participation des jeunes juges. Ce fut un succès !

Dans une autre occasion, le maire Jean Drapeau me téléphone et me dit : « tu vas me remplacer à une réunion en anglais « : M. Lamarre président du Comité exécutif  n’avait pas aimé de se faire déclasser, lui le président du comité exécutif.   Selon moi, nous dit Jacques, ce fut la fin de mes projets en mettant un terme aux cours et dorénavant tu t’occuperas uniquement des jardins jeunes tout ceci justifié par des coupures de budget.

Dans l’édifice administratif du Jardin, le directeur Pierre Bourque installe les architectes. Le chef architecte André Lafontaine partant à sa retraite fut remplacé par Lise Cormier et c’est grâce à son appui que le Club Iris naîtra quelques années plus tard.

De 1978 à 1981

Jacques, le « passeux d’examens, » se présente au concours  Chef  de la section des serres Louis Dupire.  Il obtient le poste. On y produisait des œillets, des plantes et on faisait également de la recherche.

Pendant ce temps nous dira-t-il, « je donnais des cours d’horticulture aux adultes, le soir.  Ces cours étaient en français et une classe pleine en anglais. J’étais professeur à L’École Louis Riel et président de la Fédération des sociétés d’horticulture et d’écologie du Québec » et Jacques continue ses cours à la télévision.

 1981-83

Gérant de l’arboriculture et horticulture Région Nord avec Pierre Courville.

Je suis gagnant d’un tournoi des Gardens Writers Association of America.

Enfin, de 1983 à 1985

Jacques est nommé coordonnateur au Jardin et il s’occupe des chroniques du Jardin et des journaux locaux tout en étant responsable des jardins communautaires.

La retraite

Notre « honoré » pris sa retraite en 1985 et lors de sa dernière journée de travail, Jacques est convoqué au bureau du maire Jean Drapeau et ce dernier lui a remis une médaille en guise d’appréciation pour toutes ses années de travail.

S’est-il arrêté ? Pas  du tout. Toujours aussi volubile après 36 ans de retraite à générer des idées, des projets, à rédiger des textes, prendre des photos et vidéos….. Membre du conseil d’administration du Club Iris, il publie régulièrement des articles dans notre journal L’Iris et nous sommes fiers de compter sur son dévouement.  Puis au contact de Jean Pierre Bellemare, en 1985, il devint secrétaire au Comité historique, titre donné par l’assemblée générale du Club Iris.

Ses compétences

Des compétences, il en a dans tout : horticulture, , professeur de gestion et d’informatique au CEGEP du Vieux-Montréal et  de gestion au CEGEP Édouard-Montpetit à Longueuil,  consultant en histoire, conférencier. Il a été membre du bureau de direction de « Communications Accessibles aux Montréalais » dès les premiers balbutiements Internet au Canada,. Jacques est « lanceur d’alerte » , cinéaste, comédien où il a figuré dans Louis Cyr et Cruising Bar. Il est  membre de l’Union des artistes,  photographe, chanteur lyrique-ténor, danseur folklorique, animateur (à la Biosphère à Terre des Hommes), éditeur, webmestre,  chroniqueur à la Semaine verte et d’Un soleil à l’autre à Radio-Canada, rédacteur, auteur et chroniqueur à la pige (700 parutions dans 30 revues et journaux) et tout dernièrement, traducteur pour les nouveaux arrivants, et j’en oublie et j’en oublie encore.

Jacques Lafrenière c’est tout ça et encore plus.  Plus d’une fois l’a-t-on vu où l’on ne l’attendait pas. En fait c’est un caméléon qui s’adapte sans cesse au monde, à la modernité. Il suppute constamment sur le demain pour mieux se l’approprier. On pourrait dire aujourd’hui que Jacques Lafrenière est un « woke lumineux » qui transcende son temps pour anticiper l’avenir.

En terminant, on peut affirmer que ce fut « une vie extrêmement bien remplie ».

En fait, aujourd’hui, le Club Iris est fier de t’honorer Jacques  pour toutes tes années, toi, le passionné, le touche-à-tout, le presque « boulimique du travail ».

Bonne continuation dans tes recherches et tes écrits.

Normand Miron / Conseiller

Lucille Savoie / Secrétaire

Roselyne Rioux / Réviseure

Normand Rosa / Président du CIEJBM

[1] Photo Journal, – Henri Chéraux- « Médecin des fleurs M. Stephen Vincent à 15000 clients : les jardiniers amateurs de la province »-Montréal, jeudi, 27 octobre 1949,  Vol. XIII, no 28, p. 23

Seul un être épanoui peut faire du bien. Bouddha